Micron Document
Livres et Wikis | Archives | Info


Indépendance énergétique
layout: Wide · Narrow · Centered
──────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────
top
L’indépendance énergétique est la capacité d’un pays à satisfaire de manière « autonome » ses besoins énergétiquescite-ref-cde-20161101-1-0[1].

En France, le taux d'indépendance énergétique est le résultat du rapport entre la production nationale d'énergies primaires (charbon, pétrole, gaz naturel, nucléaire, hydraulique, énergies renouvelables) et la consommation en énergie primaire, une année donnée, selon l'Inseecite-ref-2[2]. L’électricité nucléaire est considérée comme « primaire » par convention, contrairement à l’électricité produite dans des centrales thermiquescite-ref-cde-20161101-1-1[1].

Le postulat de classer l'électricité nucléaire comme énergie primaire en lieu et place de l'uranium permet de référencer l'électricité produite par le nucléaire dans la catégorie « indépendance énergétique » car, bien que tout le combustible soit importé, l'état des stocks correspond à des dizaines d'années de consommation françaisecite-ref-ccomptes2012-3-0[3].

Source d'importations importantes, de risques régionaux ou planétaires et d'émission de gaz à effet de serre, l'énergie est un enjeu politique, stratégique et économique important pour les gouvernements.

La France est nettement importatrice de combustibles fossiles, comme le gaz naturel, le pétrole et le charbon, et de matière fissile (le minerai d'uranium).

Contents

• Description
• Données
• Voir aussi

──────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────

Description

On peut calculer le taux d'indépendance énergétique de différentes façons :

• en faisant le rapport entre l'énergie consommée qui provient d'une source produite ou captée dans le pays concerné (pétrole, gaz, charbon, uranium, vent, soleil, biomasse, eau, etc.) et la totalité de l'énergie consommée ;
• en faisant le rapport entre l'énergie primaire produite par un pays et l'énergie consommée dans le pays. On utilise aussi le rapport entre l'énergie primaire produite par un pays et par les entreprises contrôlées par ce pays, et l'énergie consommée dans le pays.

Ce taux peut se calculer pour chacun des grands types d'énergies ou globalement toutes énergies confondues. Le mode de calcul officiel permet parfois d'afficher un taux supérieur à 100 % (cas de l'électricité) traduisant un excédent de la production nationale par rapport à la demande intérieure et donc un solde exportateurcite-ref-4[4].

Cela implique par exemple que le cas de l'électricité en France, on considère l'énergie primaire produite à partir de l'uranium fourni par Areva (devenue Orano) comme venant de France et non du Niger ou du Kazakhstancite-ref-6[6]. En 2012, le pays a, en effet, accumulé un stock de matière fissile utilisable, supérieur à celui de ses réserves minières au début du programme nucléaire, soit l'équivalent de 25 ans de réserves fissiles sur son territoire, pour son parc de réacteurs actuelcite-ref-7[7].

Le mode de calcul de l'indépendance énergétique est contesté et des propositions alternatives sont faitescite-ref-gc-2001-8-0[8]. Si l’on considérait comme énergie primaire le combustible nucléaire plutôt que la chaleur issue de sa réaction, la France n'atteindrait au maximum que 12 % de taux d’indépendance énergétiquecite-ref-lm-20220124-5-2[5].

Données

Taux d'indépendance énergétique de la France

Le ministère de la Transition écologique évalue le taux d’indépendance énergétique de la France à 55,3 % en 2020 et à 53,4 % à l’été 2021. Son mode de calcul reprend celui de l'Agence internationale de l'énergie et d'Eurostat et y inclut le nucléairecite-ref-lm-20220124-5-3[5], en raison de la diversification de la provenance de l'uranium, de la maîtrise des techniques d'enrichissement et de stocks français équivalents à deux années de fonctionnementcite-ref-9[9].

Pour accroître son indépendance énergétique, la France devrait économiser l'énergie utilisée en fabriquant des équipements moins consommateurs d'énergie importée (véhicules à moteurs réduits ou hybrides...) et en encourageant les consommateurs à utiliser plus d'énergie nucléairecite-ref-11[11].

Notes et références

cite-note-cde-20161101-11. 2016« L'indépendance énergétique de la France : définition, calcul et évolution de ce taux », sur connaissancedesenergies.org, 1er novembre 2016 (consulté le 26 janvier 2022).
cite-note-22. ↑ « Taux d'indépendance énergétique », Insee, « Définitions, méthodes et qualité », 13 octobre 2016.
cite-note-ccomptes2012-33. ↑ 2012Les coûts de la filière électro nucléaire, Cour des comptes, janvier 2012, 438 p. (présentation en ligne, lire en ligne [PDF]), p. 156 : « Si la production d’URT et d’uranium appauvri s’arrêtait, le stock actuel d’URT permettrait d’alimenter le parc en uranium de retraitement enrichi (URE) pendant 36 ans - Les 4 tranches de Cruas utilisent 75 t d’URE par an, issues de 600 tonnes d’URT. [...] Le stock actuel d’uranium appauvri permettrait quant à lui de fabriquer du MOX pour le parc actuel pendant 2 300 ans. »
cite-note-44. ↑ Taux d'indépendance énergétique : Définition, Insee.
cite-note-lm-20220124-55. breteau2022pierre-breteau2022Pierre Breteau, « L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire : un tour de passe-passe statistique », Le Monde, 24 janvier 2022 (consulté le 25 janvier 2022).
cite-note-66. ↑ Pour sa production électrique nucléaire, EDF se fournit essentiellement en combustible auprès d'Orano, lequel importe en 2020 de l'uranium du Niger (pour 35 %), du Kazakhstan (pour 29 %), de l'Ouzbékistan (pour 26 %) et de l'Australie (pour 10 %)cite-ref-lm-20220124-5-0[5]. Ils fournissent les 8 000 à 10 000 tonnes d’uranium naturel importées en moyenne chaque annéecite-ref-lm-20220124-5-1[5].
cite-note-77. ↑ Les incohérences du bilan énergétique français (II) : l’absence de compte de stock, sur energie-gouv.fr, le 10 janvier 2012.
cite-note-gc-2001-88. ↑ Le « taux d’indépendance énergétique » officiel [PDF], Global Chance, 2001 (consulté le 29 septembre 2021).
cite-note-99. ↑ 2022« Nucléaire : la pénurie d’uranium n’est pas pour demain », Le Monde, 24 février 2022 (consulté le 21 juillet 2022).
cite-note-101. Chiffres clés de l'énergie, Commissariat général au développement durable, décembre 2011.
cite-note-1111. ↑ albertini1982jean-marie-albertini1982Jean-Marie Albertini, Les rouages de l'économie nationale, Paris, Les Éditions Ouvrières, octobre 1982, 317 p. (ISBN 2-7082-0663-X), p. 193.

Voir aussi

Articles connexes
Liens externes

• Rapport sur l'indépendance énergétique de Union européenne sur Vie publique.fr Assemblée nationale. Commission des Affaires européennes, 24 juin 2020
• Comment est calculée l’indépendance énergétique de la France ? par le site connaissancedesenergies.org
• Indépendance énergétique de la Suède (en) ;
• Indépendance énergétique de Cuba : (en) Energy Crisis and The Power of Community: How Cuba Survived Peak Oil : documentaire sur l'indépendance énergétique de Cuba

• Portail de l’économie
• Portail de la politique
• Portail de l’énergie